Interview d’Elhadji Dembélé, Ingénieur référent énergie chez Storengy France : un parcours construit

Interview d’Elhadji Dembélé, Ingénieur référent énergie chez Storengy France : un parcours construit grâce à l'alternance
Du baccalauréat professionnel jusqu'à un poste d'ingénieur référent énergie chez Storengy France, Elhadji Dembélé a construit son parcours étape par étape, en s'appuyant sur l'alternance, la persévérance et les rencontres qui ont marqué son parcours. Il revient sur son métier, les qualités indispensables pour l'exercer, son évolution professionnelle et livre un message encourageant aux étudiants qui souhaitent aller toujours plus loin.
Pouvez-vous vous présenter et nous expliquer en quoi consiste votre métier ?
Je m'appelle Elhadji Dembélé et je suis aujourd'hui ingénieur référent énergie chez Storengy France, une filiale d'Engie. Mon rôle est avant tout d'être le référent technique sur les sujets liés à l'énergie. Je pilote notamment la certification ISO 50001, qui concerne le management de l'énergie, tout en travaillant sur les aspects techniques associés.
Mon activité est très variée. Je travaille à l'échelle nationale et j'interviens sur quatorze sites en France avec l’aide de mes collègues. Cela m'amène à collaborer avec de nombreux interlocuteurs et à avoir une vision globale des installations tout en restant proche des réalités du terrain.
Quelles sont les qualités nécessaires pour exercer votre métier ?
La première qualité est sans hésiter la polyvalence. Dans une même journée, je peux passer de sujets liés au comptage énergétique à des sujets réglementaires énergie ou encore à des questions concernant les bâtiments tertiaires. Ce sont des domaines très différents qui demandent de savoir s'adapter rapidement.
L'organisation est également essentielle. Travailler sur plusieurs sites répartis sur le territoire implique de gérer de nombreuses priorités, des projets variés et plusieurs interlocuteurs en parallèle. Il faut être capable de planifier efficacement son travail tout en restant disponible lorsque des besoins apparaissent.
Enfin, le travail d'équipe est indispensable. Je collabore quotidiennement avec les équipes opérationnelles sur sites, mes collègues di département auquel j’appartiens et d'autres services de l'entreprise. Chacun apporte son expertise, et c'est cette complémentarité qui permet de faire avancer les projets dans de bonnes conditions.
Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Ce que j'apprécie avant tout, c'est justement cette polyvalence. Aucun jour ne se ressemble vraiment et les problématiques sont toujours différentes. C'est un métier où l'on continue d'apprendre en permanence.
J'aime également beaucoup travailler avec les équipes opérationnelles. Les techniciens de maintenance ou d’exploitation connaissent parfaitement les équipements sur lesquels ils interviennent chaque jour. De notre côté, nous avons davantage une vision globale des installations et des outils de pilotage. En confrontant ces deux approches, nous progressons ensemble et nous découvrons les spécificités propres à chaque site. Cette collaboration est particulièrement enrichissante et permet d'améliorer continuellement notre manière de travailler.
Quel a été votre parcours académique ?
Mon parcours a commencé par un baccalauréat professionnel en maintenance des équipements industriels. J'ai ensuite poursuivi avec un BTS Maintenance des systèmes avant d'intégrer La Fonderie (l’AFORP) pour préparer un parcours orienté gestion de production en alternance dans une entreprise agroalimentaire.
Par la suite, j'ai choisi de poursuivre avec la licence professionnelle Chargé d'affaires en installations électriques. C'est à ce moment-là que j'ai intégré Storengy en alternance en tant que chargé d'affaires.
J'ai ensuite continué mes études dans une école partenaire de l’AFORP, l’ENSIATE, afin de préparer un titre d'ingénieur éco-énergéticien, toujours en alternance chez Storengy. Cette continuité entre les études et l'entreprise m'a permis d'acquérir progressivement des compétences techniques tout en développant une expérience concrète du terrain.
Pourquoi avoir choisi la licence professionnelle Chargé d'affaires ?
Après mon BTS, je savais déjà que j'étais attiré par la gestion de projet. J'aimais tout ce qui concernait la création, le suivi et le pilotage des projets, notamment avec les aspects liés à la supervision des installations.
Deux enseignantes ont également beaucoup compté dans cette décision : Madame Ariski et Madame Messal. Elles m'ont encouragé à poursuivre dans cette voie et m'ont convaincu de rejoindre cette formation. Leur confiance a joué un rôle important dans mon orientation. C'est aussi grâce à des enseignants qui croient en leurs étudiants que l'on ose parfois poursuivre des études auxquelles on n'aurait pas pensé au départ.
Quel conseil donneriez-vous aux étudiants et futurs diplômés ?
Le principal conseil que je donnerais est de foncer et d'essayer d'aller le plus loin possible.
Au début de mon parcours, je n'aurais jamais imaginé devenir ingénieur. Pour moi, cela semblait inaccessible. Pourtant, grâce aux personnes que j'ai rencontrées, aux enseignants qui m'ont fait confiance et aux opportunités offertes par l'alternance, j'ai pu poursuivre mes études et atteindre cet objectif.
Je pense que beaucoup de personnes se mettent elles-mêmes des limites en pensant qu'elles ne sont pas assez compétentes ou qu'elles n'ont pas les capacités nécessaires. Mon conseil est de ne pas s'arrêter à ces barrières psychologiques. Il faut tenter sa chance, accepter les opportunités qui se présentent et faire confiance au parcours. On trouve souvent des personnes prêtes à accompagner et à encourager celles et ceux qui sont motivés.
Avez-vous une anecdote marquante à partager sur votre passage à l’AFORP ?
L'un de mes meilleurs souvenirs remonte à mon tout premier jour à l’AFORP. Nous venions tout juste d'arriver lorsque la responsable administrative de l'époque nous a annoncé qu'un barbecue serait organisé dès le lendemain et que ce serait à nous d'aller faire les courses.
Sur le moment, j'ai été très surpris. Je me demandais si j'étais bien venu dans une école ou si nous étions déjà en sortie entre amis. Finalement, cette initiative s'est révélée être une excellente idée.
Ce barbecue a permis de créer immédiatement des liens entre les étudiants, mais aussi avec les enseignants. Je garde notamment un très bon souvenir de Monsieur Baudin, qui avait largement contribué à l'ambiance de cette journée. Cette intégration a cassé une partie de la distance qui existe naturellement entre les étudiants et les professeurs. Nous avons appris à mieux nous connaître dès les premiers jours, et je suis convaincu que certaines amitiés n'auraient peut-être jamais vu le jour sans ce moment de convivialité. Avec le recul, cela reste l'un de mes souvenirs les plus marquants de mes années d'études.
