Interview alumni : Cédric ZHANG, architecte réseau, cybersécurité et infrastructures chez Thales

Interview alumni : Cédric ZHANG, architecte réseau, cybersécurité et infrastructures chez Thales

Diplômé en 2022 d’un master en sécurité informatique, Cédric ZHANG évolue aujourd’hui chez Thales sur des enjeux stratégiques mêlant cybersécurité, réseaux et infrastructures. Entre projets de défense, technologies critiques et engagement dans la gendarmerie, il construit un parcours polyvalent. Dans cette interview, il revient sur son métier, ses défis quotidiens et partage ses conseils aux étudiants souhaitant se lancer dans la cybersécurité.

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle Cédric et je travaille aujourd’hui chez Thales en tant qu’architecte réseau, cybersécurité et infrastructure. J’ai été diplômé en 2022 d’un master en sécurité informatique à l’AFORP. Avant cela, j’ai suivi une licence informatique à l’université Paris-Descartes. Après mon master, j’ai ressenti le besoin d’approfondir mes compétences, car la cybersécurité est un domaine extrêmement vaste. J’ai donc poursuivi avec un master spécialisé à CentraleSupélec. Cette année supplémentaire m’a permis de mieux définir mon projet professionnel, notamment en m’orientant vers la sécurité du cloud.

Quelles sont vos missions en tant qu’architecte en cybersécurité ?

Aujourd’hui, mon rôle consiste à imaginer, concevoir et structurer des solutions informatiques. En particulier sur des problématiques de cybersécurité. Concrètement, je réfléchis à la manière dont différents composants d’un système d’information vont s’articuler pour fonctionner de manière sécurisée et efficace. C’est un rôle assez comparable à celui d’un architecte dans le bâtiment, sauf qu’ici, on construit des systèmes informatiques. On doit penser l’ensemble, anticiper les interactions, les contraintes, et garantir la solidité globale.

Chez Thales, les activités sont très variées. L’entreprise est historiquement liée à la défense, mais aujourd’hui, une grande partie de son activité est tournée vers le civil. Par exemple, Thales est un acteur majeur dans la sécurisation des cartes SIM, des cartes bancaires, ou encore des transactions à l’échelle mondiale. On retrouve leurs technologies dans de nombreux usages du quotidien. De mon côté, je travaille actuellement sur un projet dans le domaine de la défense, ce qui ajoute des enjeux supplémentaires en termes de sécurité et de confidentialité.

Quelles sont les qualités essentielles pour exercer votre métier ?

Le métier d’architecte demande avant tout de la rigueur et une grande capacité à travailler en équipe. On ne construit rien seul : on s’appuie constamment sur des experts spécialisés dans différents domaines. La curiosité aussi. Il faut comprendre pourquoi les choses fonctionnent d’une certaine manière, remettre en question, creuser les sujets. D’autant plus que l’informatique évolue très rapidement : il est indispensable de se tenir à jour en permanence.

C’est un domaine exigeant, mais accessible à condition de s’en donner les moyens. Il ne faut pas avoir peur de la difficulté, mais plutôt être prêt à apprendre en continu.

Pourquoi avoir choisi de devenir architecte en cybersécurité ?

Ce que j’aime particulièrement, c’est la dimension collaborative. En tant qu’architecte, nous sommes en interaction constante avec différents profils : ingénieurs, experts, chefs de projet… Cela permet d’apprendre énormément et d’avoir une vision globale.

J’apprécie aussi le fait que les connaissances sont presque infinies. En cybersécurité, on ne peut pas être expert partout. Il faut choisir une spécialisation et approfondir. Mais même dans un domaine précis, il y a toujours de nouvelles choses à découvrir.

J’enseigne également en parallèle, ce qui me permet de transmettre et de continuer à apprendre. C’est un domaine où l’on évolue sans cesse, et c’est ce qui le rend passionnant.

Quel est le plus grand défi dans votre domaine ?

Le principal défi est de rester à jour. Les technologies évoluent très vite, et encore plus avec l’arrivée de l’intelligence artificielle. L’information est facilement accessible, mais il est parfois difficile de distinguer ce qui est pertinent. Il faut donc creuser, vérifier, et développer un regard critique. C’est aussi un métier où l’on doit accepter de ne pas tout savoir. Même avec de l’expérience, il y a toujours des zones d’ombre. Mais c’est aussi ce qui rend le métier stimulant.

Avez-vous une activité en parallèle ?

Je suis réserviste dans la gendarmerie, et dans ce cadre, je forme des gendarmes à la cybersécurité. Ce sont des professionnels de terrain qui ne sont pas forcément spécialisés dans ce domaine, mais qui doivent en comprendre les enjeux. L’objectif est de les sensibiliser aux bonnes pratiques et aux risques, notamment liés à la manipulation ou aux attaques informatiques. C’est un travail très intéressant, car il relie la technique à des enjeux humains très concrets. Par ailleurs, je suis aussi bénovole au sein du programme MonAideCyber de l’ANSSI, l’Agence Nationale de la cybersecurité en France et j’aide les entreprises à évaluer leur cybersécurité et leur proposer des mesures à mettre en place.

Pourquoi avoir choisi l’AFORP pour votre formation ?

Je cherchais une formation en alternance dans l’enseignement supérieur avec un établissement public, et l’AFORP correspondait à mes attentes. La formation était très complète et permettait d’explorer un large éventail de domaines en cybersécurité. Les enseignants étaient de qualité, et le partenariat avec la Sorbonne Université apportait une vraie reconnaissance académique.

Quels conseils donneriez-vous aux étudiants de l’AFORP?

Le premier conseil, c’est d’être curieux. La cybersécurité est un domaine vaste, et il faut constamment apprendre. Ensuite, il est important de ne pas se sous-estimer. Avec du travail et de la motivation, on peut atteindre ses objectifs. La chance joue un rôle, mais il faut être prêt à la saisir. Je conseille aussi d’anticiper la recherche d’emploi. Le secteur est porteur, mais de plus en plus concurrentiel, notamment avec la multiplication des formations. Il ne faut pas avoir peur de commencer quelque part, même si ce n’est pas l’entreprise idéale. Chaque expérience permet de progresser. Enfin, développez votre réseau, posez des questions, échangez avec les autres. Le monde de la cybersécurité est petit, et les rencontres sont souvent déterminantes. Et surtout, ne vous censurez pas. On peut évoluer, changer de spécialité, construire un parcours qui nous ressemble.

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